Après le naufrage du LLANDOVERY CASTLE, il y avait au moins trois bateaux de sauvetage qui restaient à flot avec des passagers.

Dans l’un des bateaux de sauvetage se trouvait le capitaine du navire échoué, R.A. Sylvester. Alors que le bateau du capitaine s’efforçait de repêcher des survivants qui nageaient en haute mer ou qui flottaient en s’accrochant à des débris, quelqu’un dans le U-Boot 86 a ordonné que le bateau de sauvetage du capitaine vienne accoster près du sous-marin allemand. Quand le bateau de sauvetage n’a pas accédé tout de suite à cette demande, on a tiré un coup de semonce.

Un sous-marinier dans le U-Boot a ordonné au capitaine Sylvester de monter à bord et l’a accusé de transporter des soldats de l’armée de l’air américaine dans le LLANDOVERY CASTLE. Si cela était vrai, cela aurait constitué une violation des règles de la guerre. Sylvester a nié cette accusation et a dit aux Allemands qu’il n’avait transporté que du personnel médical canadien. On a amené à bord pour l’interroger un autre survivant dans le bateau de sauvetage, un Dr major T. Lyon. Il a nié être aviateur américain et a réfuté l’accusation que le LLANDOVERY CASTLE avait transporté des munitions. Sylvester et Lyon sont retournés dans le bateau de sauvetage mais le U-Boot n’est pas parti.

Après avoir décrit des cercles pendant quelque temps, on a ordonné à deux autres officiers du LLANDOVERY CASTLE de monter à bord du U-Boot 86.

Les Allemands avaient vu une explosion quand le navire était frappé et ils insistaient qu’il devait y avoir des munitions à bord. Les officiers interrogés du LLANDOVERY CASTLE n’étaient pas d’accord et ont expliqué que toute explosion était attribuable aux chaudières du navire frappées par la torpille. Ces officiers ont aussi repris leur place dans le bateau de sauvetage. Le U-Boot n’est toujours pas parti.

Peu de temps après, alors que le bateau de sauvetage du capitaine partait à la dérive sur les houles de l’océan dans l’obscurité, ses passagers ont entendu des coups de feu tirés à partir du canon de poupe de 8,8 cm monté sur le U-Boot . Deux obus sont passés au-dessus d’eux. Encore environ une douzaine de coups de feu ont été tirés sur d’autres cibles, soit les autres bateaux de sauvetage qui restaient. Trente-six heures après le naufrage, le destroyer anglais, Lysander, est venu à la rescousse des 24 passagers dans le bateau de sauvetage du capitaine. Malgré une mer assez calme et des conditions propices, des navires de sauvetage n’ont réussi à trouver aucun autre survivant.

Dans la vie quotidienne, de manière générale, les gens considèrent que c’est illégal et immoral de tuer un autre être humain. Cependant, mettre à mort des êtres humain est un des objectifs fondamentaux dans la conduite de la guerre. Les règles et les lois ordinaires ne s’appliquent pas nécessairement en périodes de conflit mais il existe néanmoins des règles de la guerre qui sont convenues à l’échelle internationale. Ces règles énoncées dans des documents tels que les Conventions de Genève et les Conventions de La Haye établissent des attentes à propos de la conduite pendant des conflits violents. Il s’agit de prévenir les pires horreurs de la guerre. Le U-Boot 86 a porté atteinte à ces règles, tant dans le naufrage du LLANDOVERY CASTLE que dans les tirs de coups de feu sur des survivants dans des bateaux de sauvetage.

Le premier lieutenant Patzig a omis d’inscrire le naufrage du LLANDOVERY CASTLE dans le livre de bord de son U-Boot. En outre, l’itinéraire consigné du U-Boot le jour en question indiquait que le sous-marin n’était nullement dans les parages du naufrage du LLANDOVERY CASTLE au moment en question. Enfin, le 28 juin 1918, le lendemain du naufrage du navire-hôpital provoqué par le U-Boot allemand et des coups de feu tirés sur des survivants par un membre de l’équipage, Patzig a donné comme instruction à son équipage de promettre de ne jamais parler des événements survenus la journée précédente.

Questions:

  1. Croyez-vous que des règles de la guerre sont nécessaires ?
  2. À votre avis, pourquoi le commandement du U-Boot a-t-il demandé de parler avec le capitaine et trois officiers du LLANDOVERY CASTLE?
  3. D’après vous, pourquoi le premier lieutenant Patzig a donné comme instruction à son équipage de ne jamais parler du naufrage du LLANDOVERY CASTLE et des événements qui ont suivi ?

Clip pertinent tiré du film :
19:28-20:12
Transcription :
LE DR MORIN-PELLETIER
Le LLANDOVERY CASTLE a coulé en moins de dix minutes. Ce qui rend cette tragédie encore plus controversée est le fait que le capitaine du U-Boot était accusé d’avoir essayé de cacher l’événement en tirant sur les bateaux de sauvetage et leurs survivants.

LE DR MORIN-PELLETIER (SUITE)
Il y avait probablement de trois à cinq bateaux de sauvetage qui restaient. À la fin, il n’y a eu qu’un de sauvé avec des passagers.

Au fil du temps, cet incident est devenu tristement célèbre à l’échelle internationale en tant qu’une des pires atrocités de cette guerre. Les vingt-quatre personnes dans le bateau de sauvetage du capitaine ont survécu ; au bout de quelques jours, on est venu à leur rescousse.