Alors que Patzig et les membres de son équipage de U-Boot allemand se sont mis d’accord pour ne pas se prononcer officiellement sur les événements du 28 juin 1918, une réaction de colère ailleurs en Europe et en Amérique du Nord a été rapide.

En particulier, le fait d’avoir provoqué la mort d’infirmières militaires canadiennes a rendu des gens furieux ; des dirigeants alliés ont condamné publiquement les actions allemandes. Selon le New York Times, << La convention de La Haye donne aux belligérants le droit de visiter les navires- hôpitaux mais ces assassins sans pitié ont renoncé à exercer ce droit ; ils frappent et tuent car ils désirent se rassasier cruellement de non-combattants sans défense sous de faux prétextes qui sont aussi infâmes. Vu cette atrocité sans précédent, les pays alliés doivent accomplir leur devoir. >> Source primaire : Article paru le 2 juillet 1918 dans le New York Times.

La réaction des medias d’information néerlandais laissait aussi croire que ce genre de gestes posés par les Allemands était susceptible de renforcer les efforts de les vaincre. << L’action téméraire qu’il (Patzig) a prise va donc susciter une légitime indignation profonde non seulement chez leurs ennemis mais aussi chez des pays neutres… >>. Les rédacteurs en chef de journaux indiquent là que lorsqu’un pays franchit la ligne établie par la communauté internationale qui distingue ce qui est une conduite acceptable pendant une guerre par rapport à ce qui ne l’est pas, d’autres pays, et même ceux qui ne veulent pas prendre parti pour un camp ou pour l’autre, ont de la difficulté à rester neutres.

Bien sûr, c’est au Canada qu’on a trouvé la réaction la plus vive face à la perte de son navire, de l’équipage, de nombreux membres du personnel de son corps médical ainsi que de 14 infirmières militaires, y compris Margaret Marjory Fraser. Un brigadier canadien, George Tuxford, a réagi en employant cet événement comme un << cri de guerre >> pour rallier ses troupes. << Parmi les personnes assassinées se trouvaient deux infirmières de Moosejaw les infirmières Fraser et Gallagher. J’ai donné à la Brigade des instructions d’employer le 8 août le cri de guerre de << LLANDOVERY CASTLE >> et que ce cri soit la dernière parole entendue par les boches alors que s’enfonce la baïonnette. >> Effectivement, ce cri de guerre s’est généralisé en partie parce que le gouvernement du Canada en a vite fait une affiche de propagande pour la vente d’obligations de guerre. Cette affiche montrait une infirmière militaire noyée dans les bras d’un membre d’équipage survivant qui brandit le poing au U-boot allemand, juste derrière une bouée de sauvetage qui porte l’inscription LLANDOVERY CASTLE. Le titre de l’affiche, C’est mettre fin à la piraterie, oppose les boches barbares et guerriers perfides aux pays alliés qui feraient preuve d’intégrité morale.

Pour commémorer le sacrifice du personnel et de l’équipage du LLANDOVERY CASTLE, et particulièrement des infirmières militaires, on a mis en place de nombreuses plaques à travers le Canada et ailleurs.

Questions:

  1. Dans quelle mesure la propagande aide ou entrave l’effort de guerre au pays?
  2. Est-ce une stratégie << juste >> de guerre ? En période de crise, comment peut-on tracer la limite entre << les informations >> et << la propagande >> ?
  3. Donnez des exemples plus récents de propagande qui entrave la diffusion de nouvelles pendant un conflit ou une crise. Citez des exemples plus récents de propagande qui soutient un effort de guerre d’un pays.

Lien au film Soldats oubliés :
2:42-3:50

Transcription de clip:
Le DR DURFLINGER
La Première Guerre mondiale impose une égalité de sacrifices. Dans la mort, tout le monde est égal mais la guerre n’a pas produit une égalité de souvenirs. Pendant la Première Guerre mondiale, le Canada avait une population d’à peine huit millions de personnes. De nos jours, c’est devenu difficile de concevoir ce que pouvait représenter la perte de plus de soixante mille. Certaines familles ont pu garder un souvenir tangible en trouvant une pierre tombale dans un endroit précis. Cependant, un tiers des familles canadiennes qui avaient perdu un être aimé n’avaient pas cette possibilité. Elles n’avaient pas de lieu de sépulture connu. Elles devaient souffrir seules de leur deuil, sans pouvoir faire leurs derniers adieux.