Au cours de conflits internationaux, les navires-hôpitaux sont un moyen nécessaire de soigner et de transporter des soldats blessés.

Vu que les soldats à bord de navires-hôpitaux ne sont pas en mesure de se battre et que ces navires sont dotés d’un personnel non-combattant formé de médecins et d’infirmières, la communauté internationale convient que ces navires devraient être à l’abri d’attaques. Alors que les règles déclarent que les navires-hôpitaux peuvent être arraisonnés par des membres d’équipages marins ennemis qui veulent s’assurer qu’il s’agit effectivement de navires-hôpitaux, ces navires ne seront pas des cibles d’attaques militaires.

Cependant, le 27 juin, 1918, un navire-hôpital canadien bien éclairé, qui portait le nom de LLANDOVERY CASTLE, marqué d’une grande croix rouge, revenait en Angleterre de Halifax quand il fut torpillé par un U-boot allemand. La torpille a éliminé les phares et la télégraphie sans fil du navire (ce qui empêchait de lancer un appel de détresse SOS) et a détruit la salle des machines. Le capitaine du navire, R.A. Sylvester, ne pouvait qu’ordonner d’abandonner le navire.

Parmi les 164 membres de l’équipage, 80 membres du Corps médical de l’armée et 14 infirmières militaires, les survivants de l’explosion initiale de torpille ont pu s’échapper dans des bateaux de sauvetage pendant les dix minutes que le navire a pris pour couler. Toutefois, le naufrage a produit un vortex qui a fini par noyer les passagers de tous les bateaux de sauvetage sauf trois à cinq. Un témoin de ces événements effrayants, le sergent Arthur Knight, a dit ce qui suit au sujet de ses derniers moments avec la matrone Matron Margaret Marjory Fraser :

“Pour sauver le bateau (de sauvetage), nous avons essayé de nous éloigner en ramant mais toutes les rames étaient bientôt brisées. Enfin, les cordes se sont desserrées en haut et nous sommes partis à la dérive, emportés vers la poupe et puis, tout à coup, la dunette s’est détachée et a coulé. L’aspiration nous a entraînés rapidement dans le vide. Il n’y a pas eu d’appel à l’aide ni de signe apparent de crainte. Pendant tout ce temps, je n’ai entendu qu’un commentaire quand la matrone Fraser s’est adressée à moi pour me demander : «Sergent, pensez-vous que nous avons quelque espoir ? ». J’ai répondu que non. La dernière fois que j’ai vu des infirmières militaires, elles étaient en train d’être jetées par-dessus bord. Il était douteux que l’une d’elles ait pu remonter à la surface. Quant à moi, j’ai coulé et je suis remonté trois fois. Enfin, je me suis accroché à un morceau d’épave avant d’être repêché plus tard par le bateau du capitaine.”